Les Poids Lourds

 

 

Les poids lourds des séries PL aux DH...

En 1913, constatant un fléchissement des ventes d'automobiles, Hotchkiss envisage d'entreprendre la réalisation d'un camion de 2500kg de charge utile. La direction générale décide malgré un projet bien avancé, de stopper cette étude pour porter son effort sur la branche armement.

En 1919 Hotchkiss amorce une nouvelle tentative avec un programme de camion léger de 2 à 3T équipé d'un moteur à "huile lourde" avec un châssis monté sur roues à pneumatiques. Malheureusement le bureau d'étude mobilise toute son énergie sous la pression de Maurice Sainturat sur l'étude d'une automobile de grand luxe, le modèle AK.

En 1936, le gouvernement du Front Populaire nationalise les usines d’armement de Hotchkiss. L’usine de Saint Denis continue sa construction automobile, et fabrique aussi des véhicules militaires, des tout terrains sur plans Laffly, ainsi que des chars.

Parallèlement aux voitures, Hotchkiss entame en 1936 la commercialisation du camion léger de 2 tonnes étudié et réalisé chez Laffly, le 486 PL et PLL (version longue du PL avec 38cm de plus), équipé d'un moteur Hotchkiss à essence de 4 cylindres 11CV de 2,3 litres (type 413). Proposé en plusieurs versions : plateau, ridelles, bâché, fourgon et petit autocar , les ventes totalises 163 unités entre 1936 et juin 40

Pendant la seconde guerre mondiale, l’usine doit fabriquer du matériel militaire pour les Allemands et la production de véhicule est suspendue.

A la Libération, l’usine se concentre donc sur le camion PL20 qui reçoit sont homologation du service des Mines en Février 1946, semblable au 486PL d’avant-guerre mais amélioré avec des freins hydrauliques puis en fin de série, à partir de mars 1951 avec le volant à gauche (PV mis à jour le 16 avril 1951).

Fin 1946, on avait construit 2.500 exemplaires de cet excellent véhicule de 2 tonnes de charge utile.

Le PL25 qui remplace le PL20 est présenté aux services des mines le 4 février 1952 en remplacement des PL 20 et en réponse commerciale au lancement par Renault de son camion 2.5T. Ce véhicule, d’une charge utile de 2,5 tonnes fut largement diffusé en France et sa ligne typique est encore présente dans la mémoire des usagers de la route des années 55/70. II bénéficiait d’une réputation de robustesse tout à fait justifiée et fut rapidement suivi par le PL26 (6 cyl) en Juin 1952 et le PL25L en Janvier 53. La série s’arrêta en 1964.

 

Outre le PL20, certains châssis recevront des moteurs six cylindres (PL26), pour les pompiers notamment… Les moteurs utilisés par les pompiers sont très souvent équipés d'un système d'allumage par magnéto (qui ne nécessite aucune batterie pour fonctionner) en lieu et place des systèmes classiques à vis platinées et distributeur.

En 1956, apparut un nouveau camion avec les phares intégrés dans les ailes de 5 tonnes de charge utile, nommé PL50. D'abord muni d'un avant de capot arrondi comme le PL20, il fallait bien finir les stocks... , puis avec un avant plus plat.


PL50 nez arrondi et nez plat

Disponible avec au choix un moteur à essence 4 cylindres 2.3 litres (70 cv), un moteur à essence 6 cylindres 3.5 litres (90 cv) ou un moteur diesel 4 cylindres 2.3 litres. Ce diesel anémique ne donnant aucune satisfaction il fut rapidement remplacé par le Perkins P4, 4 cylindres 3.2 litres (62cv), qui sera monté en série sur le DH50. Une rumeur disait, que le moteur d'origine était juste présent pour traverser la rue et aller chez Perkins...

1961, Hotchkiss signe un accord de commercialisation avec Leyland, pour vendre des camions en France. L'usine continua cependant à produire des véhicules utilitaires jusqu'en 1969 estampillés « Hotchkiss ».

Les PL60, 70, 75 et 80 sont équipés de moteurs à essence, tandis que les DH60, 70, 75 et 80 reçoivent un moteur diesel.

En 1964, Hotchkiss offre son dernier modèle de camion au nom de DH70, à cabine avancée basculante, de charge utile de 3.7 à 7 tonnes, avec des moteurs de 91 chevaux, de 3.5 litres, à essence ou diesel au choix, avec des transmissions de 4 et 5 rapports. C'est également cette année la que les portes s'ouvrent de manière conventionnelle, c'est à dire avec des charnières à l'avant de la porte.

Cette gamme est équipée de la première cabine avancée basculante produite en série en France. Cette cabine, au dessin agréable et moderne était construite chez le carrossier belge bien connu Jonckheere, situé à Roeselare

Pour la petite histoire, lorsque Hotchkiss décide d’arrêter la production de ses camions, il reste 400 cabines chez  Jonckheere. La firme Jos Avonds de Mortsel s’y est intéressée afin de reprendre la production de cette gamme de camions modernes à son compte. Hélas, cela ne s’est pas réalisé.

Hotchkiss construira aussi quelques bus, des camions militaires et des chenillettes pour les expéditions polaires jusqu’en 1970.